Sur certains groupes Facebook ou Telegram, un rendez-vous en préfecture s'achète entre 150 et 800 €. Vous avez bien lu : un service public gratuit, revendu au prix fort à des personnes déjà fragilisées par des mois d'attente. On vous explique pourquoi c'est illégal, ce que vous risquez vraiment, et comment obtenir un créneau sans y laisser un centime.
Un marché noir bien réel, autour d'un service gratuit
Le phénomène n'est pas anecdotique. InfoMigrants a documenté des groupes actifs sur Facebook, TikTok et Snapchat où des intermédiaires équipés de robots repèrent les créneaux dès leur mise en ligne et les revendent, à l'origine entre 150 et 400 €. Lire l'enquête d'InfoMigrants. Une question écrite posée à l'Assemblée nationale en décembre 2024 est allée plus loin, citant des enquêtes journalistiques qui évoquent désormais des tarifs allant jusqu'à 800 €, ainsi que des sites entiers dédiés à cette revente. Voir la question n°2937.
Ce qui rend la situation absurde, c'est que le service revendu n'a jamais été payant. Réserver un rendez-vous sur rdv-prefecture.interieur.gouv.fr est gratuit, pour tout le monde, à toute heure. Personne n'a le droit de vous faire payer l'accès à ce calendrier, et le site officiel le rappelle explicitement à ses utilisateurs.
Ce que fait Perfecture.fr
Pourquoi cette revente est illégale
Un rendez-vous en préfecture n'est pas un bien qui s'échange. C'est l'accès à un service public, financé par l'impôt et censé être ouvert à tous dans les mêmes conditions. Le faire payer, c'est détourner à son profit une ressource qui ne vous appartient pas, souvent en s'appuyant sur des robots qui violent eux-mêmes les conditions d'utilisation du site officiel. Selon les cas, cela peut relever de l'escroquerie, voire du recel, quand la personne qui revend n'est pas celle qui devait initialement se présenter au rendez-vous.
Ce trafic prospère sur une pénurie bien réelle : le rapport de la Défenseure des droits publié en juillet 2026 constate que les demandes de renouvellement de titre de séjour ont augmenté de 43 % en quelques années, pour seulement 10 % d'effectifs supplémentaires côté préfectures. Voir le rapport de la Défenseure des droits. C'est cette pénurie qui pousse des gens à bout, prêts à payer, mais elle ne rend pas la revente plus légale pour autant.
Ce que vous risquez réellement
- Perdre votre argent sans rien recevoir. La transaction se fait hors de tout cadre légal : en cas d'arnaque, vous n'avez aucun recours, aucune garantie, aucun service client à contacter. Beaucoup de témoignages recensés par la presse décrivent des paiements envoyés sur des messageries privées, sans jamais voir venir le fameux créneau.
- Transmettre vos documents d'identité à des inconnus. Pour réserver « à votre nom », le revendeur vous demande souvent une copie de votre pièce d'identité ou de vos justificatifs. Ces documents peuvent ensuite être réutilisés frauduleusement, sur un dossier qui touche déjà à votre situation administrative.
- Voir le rendez-vous annulé. Si la préfecture repère l'irrégularité (identité, mode de réservation), elle annule le créneau. Résultat : votre argent est perdu et votre dossier n'a pas avancé d'un pas.
Un repère simple à retenir : personne d'officiel ne vous demandera jamais de payer pour un rendez-vous en préfecture, ni par virement, ni en espèces, ni via une application de messagerie. Si quelqu'un vous propose ça, sur un groupe ou même par une connaissance, méfiez-vous : c'est une arnaque qui ne dit pas son nom.
L'alternative gratuite et légale
Si le calendrier reste vide, commencez par les solutions quand aucun créneau n'est disponible. La bonne nouvelle, c'est que la solution légale coûte zéro euro. Vous pouvez surveiller vous-même le site de votre préfecture, en actualisant régulièrement la page de réservation. Ou vous pouvez laisser un outil de veille faire ce travail à votre place. Notre comparatif des alertes de rendez-vous aide à choisir, sans jamais toucher à votre dossier ni à votre argent.
C'est exactement ce que fait Perfecture.fr : nous scannons les créneaux disponibles pour votre démarche et votre département, gratuitement, et nous vous prévenons dès qu'un s'ouvre. Consultez les créneaux détectés en direct sur notre carte En direct, découvrez une solution légale d'alerte de créneau qui ne revend ni ne réserve de rendez-vous, ou activez votre surveillance gratuite en quelques minutes.
